Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

Les raisons de la chute de cheveux chez les femmes : le vrai du faux

Julia Avellaneda | le Figaro Madame | 21 mars 2019

Une chute de cheveux anormale peut inquiéter. Stress, grossesse, génétique… On démêle le vrai du faux avec l’aide de deux experts.

Cela ne touche que les hommes

Faux. Ne nous estimons pas trop chanceuses ! L’alopécie (nom scientifique de la chute de cheveux), à ne pas confondre avec la calvitie – qui est un problème majoritairement masculin – touche 84% des femmes, contre 72% des hommes selon un sondage publié en novembre 2014 par l’Ifop. Les cheveux nous en tombent… Le Dr Pierre Bouhanna (1), dermatologue et chirurgien à l’hôpital Saint-Louis à Paris, «reçoit autant de femmes que d’hommes», et la première chose qu’il fait est de «les rassurer»… Et pour cause : selon ce même sondage, quand 37% des hommes disent que la perte d’une quantité importante de cheveux les préoccuperait, les femmes s’inquiéteraient à 87%.

Une chute de cheveux causée par le stress

Vrai. Chez les hommes, l’hormone dihydrotestostérone cause la calvitie dans sa forme la plus courante. Elle joue aussi son rôle dans l’alopécie des femmes, selon Christelle Fogelgesang (2), directrice de la communication scientifique de la marque Phyto. En effet, «le stress fabrique des hormones masculines». Pierre Bouhanna ajoute qu’il «accentue la sensibilité aux hormones et augmente la séborrhée». Les racines, obstruées par un excès de sébum, n’assument plus leur rôle. Un stress plus sévère, après un choc ou un traumatisme, peut causer une pelade, c’est-à-dire la perte des cheveux par plaques. Le dermatologue explique que, dans ce cas-là, «on fabrique des anticorps contre les cheveux, qui tombent transitoirement». De plus, étant donné qu’ils mettent trois mois à tomber, il faudra remonter le temps pour trouver la cause du problème.

La chute de cheveux est provoquée par la grossesse

Vrai, mais… On imagine la panique s’installer. Devrait-on acheter un shampoing antichute en même temps qu’un test de grossesse ? Pendant les neuf mois avant l’arrivée du nouveau-né, pas besoin. Les cheveux sont encore plus soyeux et brillants qu’avant. Les problèmes arrivent après la naissance du bébé : «Après l’accouchement, le niveau d’hormones chute et entraîne une alopécie», explique Christelle Fogelgesang. Une réaction normale, et éphémère. Sauf si ensuite on «s’arrache les cheveux» sur les questions d’éducation de son enfant, bien sûr. Mais c’est une autre histoire.

Les chignons et les queues de cheval responsables

Vrai. À force de vouloir se faire des chignons de danseuse ultraserrés ou des queues de cheval sexy, notre «ligne frontale» bat les armes, abandonne la ligne de front, et recule petit à petit. «C’est sûr que si on s’arrache les cheveux, ils vont tomber !», ironise Christelle Fogelgesang. Pierre Bouhanna explique ce phénomène appelé «alopécie de traction» : «Les chevelures de certaines femmes arrivent à supporter les agressions quotidiennes, tandis que d’autres sont détruites petit à petit». On évitera donc de torturer ses cheveux, à moins de s’appeler Raiponce.

Il faut tout de suite s’inquiéter

Faux. Parfois, notre chevelure passe simplement par des périodes compliquées. Elle n’arrive pas à supporter les changements de saison. La dermatologue Nina Roos nous expliquait en 2016 que «le changement de saison reste une des raisons principales à la chute de cheveux, notamment à l’automne». De son côté, Christelle Fogelgesang se veut rassurante : «On en perd chaque jour 50 à 100.» Avant d’ajouter que «cela devient inquiétant quand on commence à le remarquer». Dans ce cas-là, il est conseillé de consulter un médecin.

C’est irréversible

Vrai et faux. Pas de panique. En général les cheveux se remettent à pousser, à moins d’avoir un patrimoine génétique défavorable. Si l’alopécie est chronique, il va être compliqué d’y remédier : «La calvitie génétique est plutôt localisée, mais elle est programmée pour durer.» Quant à celle provoquée par un choc, on ne la verra que trois mois plus tard, mais un retour à la normale est possible. Selon Pierre Bouhanna : «Les cheveux repoussent tous seuls.» Pour accélérer la repousse, il prescrit du Minoxidil, une lotion à appliquer à même le cuir chevelu. Il est également possible d’opter pour des compléments capillaires, des traitements sous forme de fioles, comme celui de Phyto, ou des shampoings dédiés au problème, tel celui de L’Occitane ou les LED qui aident à la repousse. Dans le pire des cas, une nouvelle coupe de cheveux donnera un coup de fouet à notre allure.

(1) Pierre Bouhanna, dermatologue et chirurgien, est l’auteur de Soigner et préserver ses cheveux (Éditions Alpen).(2) Christelle Fogelgesang est docteure en pharmacie, et directrice de la communication scientifique de la marque Phyto.


Teinture pour hommes, l’impossible camouflage ?

Teinture pour hommes, l’impossible camouflage ?

Le Monde, par Guillemette Faure, publié le 27 décembre 2017

Estimant que le cheveu blanc manque de virilité, certains hommes optent pour une coloration… malheureusement souvent ratée. Explications.

Les cheveux blancs seraient dans le vent. Voyez, par exemple, la journaliste mode Sophie Fontanel, qui a raconté dans un livre, Une apparition (Robert Laffont, 2017), sa décision de se passer de couleur. Il arrive même qu’ils fassent la « une » des magazines féminins. Voyez, par exemple, Sophie Fontanel, qui a fait la couverture de Grazia, le 17 novembre, tout blanc dehors (une des meilleures ventes du magazine depuis la rentrée). Il existe même des têtes blanches qu’on traite comme des vedettes. Voyez, par exemple, Sophie Fontanel, invitée sur le plateau de Yann Barthès à parler de ses cheveux blancs.

A dire vrai, il n’y a pas tant d’autres exemples. Les cheveux blancs sont devenus tellement rares que Tatiana de Rosnay a raconté sur Twitter comment une lectrice l’avait prise pour Sophie Fontanel. Si Sophie Fontanel est visible partout, ce n’est peut-être pas parce qu’elle annonce une tendance mais, au contraire, parce qu’elle remonte le courant.

Donald Trump a opté pour un blond vénitien (qui vire parfois à l’orange).
JONATHAN ERNST/REUTERS

Alain Souchon, François Hollande, Guillaume Durand…

Car, à en croire les coiffeurs, les cheveux blancs connaissent la même disparition que les ours blancs. Les hommes se lancent eux aussi dans le camouflage. « Je me teignais les cheveux, les sourcils/Pour être plus brun, pour faire viril/Carrément débile, je trouve pas mon style », chantait Alain Souchon (73 ans aujourd’hui) dans Jamais content,
en 1977. ­Quarante ans plus tard, il a trouvé le sien dans un châtain auburn pas très éloigné de celui de Paul McCartney, 75 ans et pas une racine visible. Le 9 décembre, Guillaume Durand, 65 ans, commentait en
acajou les funérailles d’un rocker décédé à 74 ans sans cheveux blancs. Parmi les invités, François Hollande, dont le cheveu brun avait attisé les moqueries de son prédécesseur. « T’en connais, toi, des hommes qui se teignent les cheveux ? », demandait alors Nicolas Sarkozy autour de lui. Le pauvre ne s’attendait probablement pas à ce que, quatre ans plus tard, la première puissance mondiale soit dirigée par un septuagénaire blond vénitien.

L’homme de plus de 50 ans qui se colore les cheveux est souvent regardé avec le même apitoiement que le presque chauve qui, autrefois, choisissait de « ramener la banlieue sur Paris »

A supposer qu’ils l’avouent, 2 % des hommes de plus de 45 ans se sont teint les cheveux au cours des six derniers mois, contre 63 % des femmes de cet âge. Mais pourquoi donc sursautons-nous en découvrant qu’un homme se teint les cheveux ? « Ce que Nicolas Sarkozy insinuait en répétant que son adversaire se colorait les cheveux, c’est qu’il était faux », répond Gaspard Gantzer, l’ancien communicant de François Hollande qui, par ailleurs, glisse dans une ultime démonstration de loyauté que cette rumeur de cheveux teints est « l’histoire la plus folle, car c’est faux. Ce qui est bizarre, observe-t-il encore, c’est qu’on ne dit pas ça du maquillage, alors que les hommes politiques, comme les présentateurs télé, se maquillent tous les matins ». Laurent Wauquiez a été soupçonné de s’être blanchi les cheveux pour être pris au sérieux et est régulièrement interrogé à ce sujet. Ce qui laisse une coiffeuse perplexe – « Impossible, le gris c’est trop dur à faire, ça part dans les bleus tout de suite » – et mon coiffeur, muet – « C’est qui, Laurent Wauquiez ? ».

L’homme de plus de 50 ans qui se colore les cheveux aujourd’hui est souvent regardé avec le même apitoiement que le presque chauve qui, autrefois, choisissait de « ramener la banlieue sur Paris »
(c’est-à-dire étaler son reste de cheveux sur son crâne lisse en croyant le masquer). Derrière les railleries, on devine les interrogations. La couleur de Hollande serait-elle l’équivalent des talonnettes de Sarkozy ? Peut-on faire confiance à quelqu’un qui essaie de contourner la réalité ? La critique est stupide puisque, comme le relève Sophie Fontanel dans son livre, « s’il fallait ne jamais tricher, on en finirait par ne plus se laver ».

« Pour les hommes utilisateurs de nos produits, les cheveux blancs sont le signe d’un vieillissement qu’ils vivent mal », analyse le service marketing de Petrol Hahn, leader sur le marché de la couleur à domicile pour hommes. Quelle faute de goût pour les hommes que de ne pas avoir envie de vieillir. Pour des raisons inexpliquées, on attendrait d’eux qu’ils assument leur âge, et des femmes qu’elles aient la politesse de se rajeunir. Or, hommes et femmes sont, sur le marché du travail, soumis à la même pression, fait remarquer le sociologue Jean-François ­Amadieu, qui conduit régulièrement des tests d’envoi de CV pour étudier les discriminations liées à l’âge. « On ne voit pas le jeunisme ambiant, insiste-t-il. Que les patrons du CAC 40 aient 57 ans d’âge moyen ne dit rien du chômage qui explose pour les plus de 50 ans depuis 2010. Les chômeurs de plus de 50 ans sont deux fois plus nombreux que ceux de moins de 25 ans. Avoir plus de 55 ans est le premier motif de discrimination parmi les victimes recensées par le Défenseur des droits… »

Noir Kadhafi ou acajou Bernard Tapie

C’est vrai, la teinture pour hommes semble n’exister qu’en deux nuances : noir Kadhafi ou acajou Bernard Tapie. « Souvent, ce n’est pas très subtil… », confirme Morgan, coiffeur chez Michel Dervyn. Pour expliquer ce ratage, deux hypothèses : est-ce que c’est parce que les hommes essaient de faire eux-mêmes leur couleur ? Ou est-ce tellement tabou que personne n’ose leur dire que le résultat est un peu curieux ? En effet, craignant les moqueries, les hommes se teindraient les cheveux en douce. Pas question
de le faire dans un salon où ils pourraient croiser une connaissance. « Beaucoup préfèrent confier à leur femme le soin de leur acheter des produits pour la peau et des articles de rasage. En revanche, le choix d’une couleur reste une question plutôt personnelle. Ainsi, un kit de coloration sur trois est vendu directement à un homme », est-il précisé sur le site de la marque Schwarzkopf.

Des quadras et quinquas demandent « une couleur qui ne se voit pas ». Les femmes demandent une couleur « naturelle », mais en aucun cas « qui ne se voit pas »

La barbe joue également le rôle de cheval de Troie de la teinture. Venus au salon pour l’entretenir, certains hommes s’autorisent à s’intéresser à d’autres services, explique encore Morgan. C’est sa prof de marketing qui le lui a appris (deux infos en une : le BTS Métiers de la coiffure inclut désormais des cours de marketing). Il distingue la jeune génération, très à l’aise avec la teinture et qui y va franco – façon M Pokora passant au blond platine ou David Beckham changeant de couleur comme une lampe des années 1970 –, des quadras et quinquas qui viennent dans son magasin demander « une couleur qui ne se voit pas » (les femmes demandent une couleur « naturelle » mais en aucun cas « qui ne se voit pas »).

Ber, coiffeur chez Space Hair, croit savoir que ceux que la teinture met mal à l’aise font l’erreur de faire « des vraies couleurs d’oxydation ce qui laisse un décalage avec la carnation au lieu de démarrer sur des semi-colorations ». Mais que font les coiffeurs ? Parfois n’importe quoi, à croire Anthony, chez David ­Mallett, à Paris : « Il y a des fautes de conscience professionnelle. Des gens qui patinent ça comme de la mayonnaise, ou le total casque noir qui vire orange… » Il ne veut pas donner de noms, juste signaler qu’il répare des couleurs ratées du matin jusqu’au soir.

Dernière hypothèse, celle d’Eric Romand : « Chez les hommes comme chez les femmes, la couleur, ça se voit presque tout le temps et c’est souvent mal fait. Mais ça passe chez elles parce qu’on a l’habitude. On nage là dans les eaux troubles de l’identité. » Où, comme dirait Sophie Fontanel, « chacun fait ce qu’il peut ».


Contre la chute des cheveux, gare au finastéride

Contre la chute des cheveux, gare au finastéride

Baisse de la libido, dépression, idées suicidaires… La prise de cette molécule ralentissant l’alopécie peut s’accompagner d’effets secondaires graves. Une association demande son retrait.

Le Monde par Pascale Santi Publié le 23 janvier 2019

Romain Mathieu s’est suicidé le 7 juin 2016. Ce jeune homme de 25 ans souffrait de dépression. Alors qu’il était étudiant en classe préparatoire, à 19 ans, il a commencé à prendre du Propecia (finastéride), ce médicament visant à contrer la chute des cheveux chez les hommes, et cela pendant deux ans et demi. Quelque temps après la prise du médicament, il ressent des troubles sexuels (perte de libido, troubles de l’éjaculation), une extrême fatigue, des problèmes de concentration, et a entamé un long parcours médical jalonné de multiples examens, consultations… Après son décès, sa mère, Sylviane Millon-Mathieu, a créé l’association Aide aux victimes du finastéride (AVFIN).

Parmi ces victimes, Adrien (le prénom a été changé) « a tout perdu, nous raconte son père : son travail, sa vie de couple, sa vitalité… » Aujourd’hui âgé de 32 ans, il a lui aussi pris ce médicament durant quelques mois. Mais rapidement, des effets se font sentir : perte de libido, troubles de la concentration, fatigue… Des effets qui se sont aggravés au fil des années, même après l’arrêt du traitement. Il souffre aujourd’hui de dépression sévère.

Comme dans le cas de Romain, il soupçonne avec ses proches un lien avec le finastéride, un lien établi trop tardivement. Les autorités sanitaires rappellent pour leur part qu’on ne peut établir un tel lien avec certitude, et que d’autres origines sont possibles.

Commercialisé en France depuis 1999, et ailleurs en Europe, le Propecia (son nom commercial) et les génériques sont indiqués pour traiter la chute des cheveux chez l’homme (alopécie androgénétique), qui conduit à la calvitie. Des millions l’ont pris ou le prennent depuis sa commercialisation. En 2012, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) évoquait une consommation de 30 000 boîtes par mois, un chiffre plutôt à la baisse.

L’autorisation de mise sur le marché de ce traitement, qui baisse le niveau de testostérone, a été donnée, au départ, en 1992 (finastéride 5mg) pour une hypertrophie bénigne de la prostate. «Il y a eu un glissement de prescription avec une utilisation détournée de son indication initiale», souligne le professeur Jacques Young, endocrinologue à l’hôpital Bicêtre (AP-HP), qui ne l’a jamais prescrit contre l’alopécie: «Le niveau de preuve montré par les essais était très faible pour une utilisation un peu cosmétique.» Non remboursé par l’Assurance-maladie, il est prescrit uniquement sur ordonnance médicale. Et interdit aux femmes.

« Certaines personnes vivent mal le fait de perdre leurs cheveux, explique le professeur Jean-Luc Schmutz, chef du service de dermatologie au CHRU de Nancy-Brabois. Il n’existe que deux traitements, le Minoxidil, une lotion qui ne marche
pas très bien, et le Propecia, qui fait repousser les cheveux ou stoppe leur chute dans 30% à 40% des cas. Ça m’arrive de continuer à en prescrire aujourd’hui, sans effets secondaires majeurs.»
Il a toutefois constaté chez certains patients des troubles de la libido, qui disparaissent lorsque le médicament est arrêté. « Il doit être prescrit avec précaution au regard des effets secondaires rapportés, précise-t-il, en prévenant les patients et en les revoyant régulièrement.»

La revue Prescrire avait pour sa part mis en garde sur «des effets indésirables importants» en mai 2016, se fondant sur une alerte de l’Agence canadienne du médicament de 2015. En 2017, l’Agence européenne des médicaments avait demandé d’ajouter, sur les notices, ces risques concernant les changements d’humeur. Une alerte avait été donnée par l’ANSM, fin octobre 2017, sur les risques de dépression, d’idées suicidaires, de la possible persistance de troubles sexuels comme la baisse de la libido. « Tout changement d’humeur doit conduire à une interruption du traitement ou une surveillance», indiquait alors l’ANSM. Elle devrait adresser dans les prochaines semaines une lettre aux 100 000 professionnels de santé afin de leur rappeler ces éventuels effets secondaires.

Concernant un autre effet rapporté, la survenue de cancers du sein masculins, une étude sur 45 000 personnes dans les pays d’Europe du Nord est en cours de conclusion. «Ses résultats préliminaires sont plutôt de nature à nous rassurer, explique la docteure Caroline Semaille, de la direction des médicaments anti-infectieux de l’ANSM. En général, les effets indésirables sont assez rares.»
Au total, depuis sa mise sur le marché, 345 cas ont été rapportés sur la base française de pharmacovigilance, souligne l’ANSM, qui rappelle que les patients doivent les notifier sur la base. Même écho du côté du laboratoire MSD (filiale de l’américain Merck), qui vend le Propecia: «On ne note aucune alerte particulière sur d’éventuels effets secondaires.»

Une visée esthétique

Mais pour l’AVFIN, au regard d’effets secondaires très invalidants, les mises en garde sont insuffisantes. L’association demande le retrait du médicament. « La question du bénéfice-risque se pose différemment pour ce médicament, car il n’est prescrit que pour une visée esthétique pour des hommes en bonne santé», explique Sylvaine Millon-Mathieu. Pour l’ANSM, la question ne se pose pas: il n’est d’ailleurs retiré nulle part dans le monde. «La balance bénéfice-risque est considérée pour l’instant comme favorable », ajoute Caroline Semaille. «En cas de chute de cheveux, il n’est pas raisonnable de prendre du finastéride», tranchait pourtant la revue Prescrire, en septembre 2018.

Les membres de l’AVFIN insistent sur le fait qu’aucun médecin ne les avait mis en garde contre d’éventuels effets secondaires. «Jeune ingénieur, grand sportif, Adrien était pourtant réticent à prendre ce médicament et avait lui-même demandé au praticien s’il pouvait prendre ce produit sans risque», insiste son père. «Les effets secondaires de nature sexuelle, psychique et physique persistent à peu près systématiquement à l’arrêt du traitement», constate Sylvaine Millon-Mathieu.


Donald Trump, utilisateur officiel

Le président des Etats-Unis, dont la coiffure orangée suscite beaucoup de commentaires, prend du finastéride. La mèche avait été vendue au New York Times début 2017 par son ­ancien médecin Harold Bornstein. Le rapport publié le 16 janvier 2018 sur l’état de santé du président américain par son médecin Ronny Jackson confirmait la prise de finastéride 1mg, et avait suscité quelques inquiétudes outre-Atlantique: en mai 2017, un article de la revue Jama International Medicine portant sur les hommes âgés de plus de 66 ans avait révélé que la molécule «augmentait considérablement » le risque d’automutilation et de dépression. Donald Trump a 72 ans.

Donald Trump, utilisateur avéré de Finastéride

Aux Etats-Unis et au Canada, en Allemagne, en Italie, des plaintes sont en cours. Me Charles Joseph-Oudin, connu pour avoir conseillé les victimes du Mediator, de la Dépakine, devrait assigner le laboratoire MSD dans les tout prochains jours devant le TGI de Nanterre. Il conseille à ce jour une trentaine de personnes. Il souhaite que «des expertises soient lancées pour établir le lien de causalité entre le Propecia et ses effets secondaires tels qu’une déprime extrêmement forte, une perte
d’élan vital»
. Pour ce faire, dit-il, «nous demandons la mise en place d’expertises centralisées au niveau de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, qui se substituent aux expertises judiciaires, qui ne fonctionnent pas bien». Pour l’association, aujourd’hui, l’urgence est aussi la prise en charge médicale des victimes.

«Les médecins, les pharmaciens, doivent informer sur les médicaments, mais les patients doivent être acteurs de leur santé en ne s’informant pas que sur les réseaux sociaux, mais en lisant la notice ou en allant sur la base de données publique des médicaments», souligne Caroline Semaille.

Pascale Santi

La classification Norwood-Hamilton : l’alopécie mesurée en 7 stades

L’échelle de Norwood est une classification conçue pour mesurer l’étendue de la calvitie.
Dans les années 50, l’américain James B. Hamilton développe le premier système de classification pour évaluer la progression de la calvitie. Pour cela il examine un large échantillonnage d’homme et de femmes de type blanc pour produire cette échelle. 7 groupes sont distincts. Dans les types I à III la perte de cheveux est inexistante à faible. Les types IV à VII classent la perte de cheveux comme progressivement plus étendue à glabre.

Dans les années 75, le Dr O’Tar Norwood a révisé l’échelle de Hamilton après l’étude d’un millier de sujets masculins. La nouvelle échelle s’appelle Norwood Hamilton Scale. Cette classification reste aujourd’hui la norme utilisée pour évaluer les stades de calvitie.

L’échelle de Norwood Hamilton
Stade 1

Pas de récession ou récession mineure de la ligne frontale et temporale. Aucune exigence pour un traitement. Dans le cas d’antécédents familiaux de calvitie, une surveillance étroite est recommandée.

Stade 2

Les golfes ont reculé de manière symétrique. La ligne frontale forme un V. Le vertex peut se clairsemer.

ligne frontale triangulaire, Stade 2 Hamilton
Ligne frontale triangulaire, Stade 2 Hamilton chez Garry Cooper
Stade 3

Les golfes se creusent de plus en plus. Un disque clairsemé apparaît sur le sommet du crâne . La calvitie est avérée.

Stade 4

Perte de cheveux sévère dans la région frontale et temporale. Plus grave que dans le type III. Il n’y a plus de cheveux sur le vertex. La perte de cheveux sur la couronne s’installe.

Stade 5

Ce stade de l’échelle de Norwood n’est pas très différent du précédent. Le creusement des golfes temporaux-frontaux et le vertex dégarni ont tendance à se fondre. Le dégarnissement quasi-total de la zone frontale donne un aspect chauve de la tête. Une forme en fer à cheval est observé .

Stade 6

La zone fronto-temporale et celle du vertex sont maintenant totalement indistinctes.

Stade 7

Très peu de cheveux sur le cuir chevelu. Les cheveux restants à l’arrière sont plus minces qu’avant. Cheveux épars avec un demi-cercle sur les oreilles. Perte de cheveux très importante.

Echelle Norwood Hamilton en 7 stades
Echelle Norwood Hamilton en 7 stades

La chute de cheveux chez la femme

La perte de cheveux chez la femme : quand faut-il s’en inquiéter ?

La chute de cheveux chez la femme est très souvent vécue avec une grande angoisse. Elle est ressentie comme une véritable perte d’identité féminine.
Toute chute de cheveux n’est heureusement pas irréversible mais il convient d’en connaître l’origine.
L'alopécie chez la femme jeune
L’alopécie chez la femme jeune

Il est normal de perdre quelques dizaines de cheveux par jour qui seront remplacés par des repousses de même calibre. La chute devient pathologique quand les cheveux tombés sont partiellement recouverts par des repousses affaiblies et qui se sont raréfiées. Les cheveux ont un cycle de vie plus court, ils tombent plus rapidement, repoussent de plus en plus fins pour finalement, ne plus pousser On parle alors d’alopécie.

Les alopécies se classent en deux grandes catégories:

Alopécie androgénétique

L’alopécie androgénétique féminine diffuse correspond à une chute progressive et définitive des cheveux. Il n’y a pas de cause externe à cette forme d’alopécie qui associe une prédisposition héréditaire et une hypersensibilité du follicule pileux aux androgènes, hormones sexuelles mâles (présentes aussi chez les femmes en quantité faible). Ces hormones provoquent la dégénérescence des cellules capillaires sur les cuirs chevelus sensibles à son activité. La calvitie est diffuse, étendue, reconnaissable à l’élargissement de la raie médiane sans présenter de plaque chauve spécifique aux hommes. La classification de Ludwig permet de mesurer l’étendue cette calvitie. Elle survient généralement après la ménopause.

Autres alopécies ou effluvium télogène
Les chutes de cheveux saisonnières

Durant l’été, poils et cheveux poussent plus rapidement sous l’action de la chaleur, tandis qu’ils perdent en vitalité et finissent par tomber au début de l’automne pendant 4 à 6 semaines. Il n’y a aucune cause pathologique à ce stade. Au delà de cette période, un autre facteur est en cause qu’il convient de rechercher.

L’alopécie post-partum

C’est la chute de cheveux après l’accouchement, un IVG ou une fausse couche. Elle est due à la baisse de la production d’œstrogènes principalement, mais aussi au changement de rythme de vie de la maman, le manque de sommeil, la fatigue. Elle peut être imputée également à une carence en fer, un dysfonctionnement thyroïdien. Cette alopécie spécifique est souvent spectaculaire (des poignées de cheveux se détachent du cuir chevelu), elle survient généralement au quatrième mois après l’accouchement, les cheveux sont alors ternes et n’offrent aucune résistance à la traction. La chute de cheveux peut durer entre trois et quatre mois et il faut compter 9 mois pour retrouver une chevelure normale. Des compléments alimentaires riche en vitamine B, en acides aminés soufrés entre autres, stimulent efficacement la repousse des cheveux.

Chute des cheveux par traction

Les coiffures tirées comme les chignons, queues de cheval, chères aux danseuses qui si depuis l’enfance les portent, peuvent provoquer à la longue une traction trop forte sur les racines et finir par faire tomber les cheveux et la repousse en est alors affaiblie. L’alopécie s’installe.
Les extensions sont aussi en cause ajoutées aux coiffures afro où la traction est répartie sur l’ensemble du cuir chevelu, la ligne frontale de la chevelure étant particulièrement sensible, l’implantation peut reculer significativement.

jeune femme portant une coiffure afro favorisant les alopécies detraction
Des coiffures tirées et portées au quotidien favorisent les alopécies
Les autres causes de l’alopécie

L’arrêt d’un contraceptif œstroprogestatif peut provoquer un effluvium télogène, comparable à celui dit du post-partum. L’apport d’œstrogènes de synthèse peut stimuler la vitalité des cheveux. L’arrêt de ce dernier fait entrer un plus grand nombre de cheveux en phase de chute. Cette perte de cheveux est diffuse et réversible après quelques semaines. Si les follicules sont sensibles aux androgènes, une alopécie androgénétique est avérée.

Une carence en fer peut enclencher une alopécie liée à des règles abondantes, des fibromes ou une pathologie plus grave qui peut-être passée inaperçu.
Un dysfonctionnement de la glande thyroïde perturbe le renouvellement naturel des cheveux, ralenti la production de sébum. On parle d’hypothyroïdie et d’hyperthyroïdie. Les patients qui en sont atteints subissent une abondante chute de cheveux sur l’ensemble du cuir chevelu. Les cheveux sont secs et cassants.
Les régimes anarchiques, une alimentation sans protéine animale, ou trop élevée en sucre raffiné sont autant de facteur de chute.
L’usage excessif de produits chimiques, les appareils chauffants sur des cheveux déjà fragilisés, favorise leur chute.

Enfin la trichotillomanie est un trouble psychologique qui fait parti des TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs) et qui se traduit par le besoin irrépressible de s’arracher les cheveux conduisant à une alopécie manifeste par plaque. Elle procède du terrain psychiatrique et non de l’esthétique médicale.
Dès les premiers symptômes d’une chute de cheveux abondante au brossage, la consultation d’un médecin spécialiste s’impose. Un bilan sanguin est nécessaire pour éliminer ou cibler les causes.
La chute de cheveux chez la femme reste très rarement irréversible.


Naomi Campbell retire sa perruque sur Instagram

Le supermodel anglais a décidé de poster une photo d’elle sans perruque sur son compte Instagram.

Naomi Campbell «mise à nu» sans sa chevelure de synthèse. Ou du moins, c’est ce qu’écrit le top en légende sur son selfie posté sur Instagram. En effet, la nouvelle égérie NARS de 48 ans a retiré sa perruque le temps d’une photo, à l’étonnement de ses abonnés qui l’ont rarement vue sans une longue crinière. Sur ce selfie, elle arbore un tressage au ras du crâne, et semble paresser, dans ce qui ressemble à un fauteuil en osier. Le cheveu naturel donc, mais apprêtée tout de même.

Alopécie

Une photo d’autant plus inédite puisqu’en 2017, dans un long entretien pour le journal The Evening Standard, le mannequin anglais avait révélé avoir souffert d’alopécie durant plusieurs années.
La pathologie, qui fait tomber les cheveux par paquet, laisse quelques endroits du cuir chevelu dégarni. «Heureusement ils ont repoussés», a-t-elle confié au journal britannique. À force de tressages excessifs et d’extensions récurrentes, le top a fini par perdre beaucoup de sa crinière : «Je prends énormément soin de mes cheveux maintenant (…) je suis beaucoup plus vigilante qu’avant et je fais les choses différemment», explique-t-elle à The Evening Standard.

Traitements et soins quotidien ont beaucoup aidé à la repousse et depuis, le top porte quotidiennement une «perruque» ou un tissage. Comme elle l’a si bien dit au journal britannique l’année passée : «Si je veux porter une perruque, j’en porte une et puis c’est tout !».

article publié par Julie Biencourt | 24 décembre 2018 | Le Figaro


Le traitement par LED pour la chute des cheveux

Le traitement par LED pour la chute des cheveux

Les traitements par lumière LED – Light Emitting Diode – est avant tout le fruit de la recherche à la NASA pour accélérer la cicatrisation des astronautes blessés lors de mission en apesanteur.
Ses effets sur la cicatrisation la régénération cellulaire (acné, psoriasis vergetures, embellissement de la peau) sont connus depuis longtemps et sont utilisées aujourd’hui pour ralentir un effluvium et booster la repousse des cheveux sur les zones clairsemées.
le traitement par LED pour la chute des cheveux est non invasif, non agressif et totalement indolore, sans chaleur émise et donc sans risques d’échauffement ou de brûlure.

Des rangées de diodes de forte puissance émettent la lumière LED qui alterne des lumières froides et chaudes à des spectres plus ou moins larges. En traversant la peau, elles produisent une réaction biochimique.
Le LED, de manière globale, augmente l’activité mitochondriale. Libère de l’ATP principale source d’énergie des fonctions cellulaires comme le métabolisme

Pour illustrer l’importance de cette molécule, tous processus qui bloque la régénération d’ATP provoque rapidement la mort de l’organisme contaminé (gaz de combat, cyanure, arsenic).
Dans le cas d’une perte de cheveu l’action de l’ATP est ralentie

La lumière LED a des effets physiologiques positifs
  • Les LED proches infra-rouges ont un effet anti inflammatoire, cicatrisant et stimule la vascularisation, cette longueur d’onde (830nm) pénètre le plus profondément, elle atteint  le tissu conjonctif.
  • Les LED jaunes pour la stimulation de la croissance des follicules pileux en formation en renforçant leur métabolisme
  • Amélioration de la vascularisation par l’oxygénation des tissus
  • Stimulation des facteurs de croissance cellulaire
  • Les LED bleues ont un effet anti bactérien dans le cas d’un cuir chevelu agressé

Les LED n’ont pas vocation à traiter la calvitie quand elle est avérée (absence de cheveux et de cycle capillaire)Led dans le traitement de la chute de cheveux

Résultat excellent 1 mois après 10 séances espacé d’une semaine
A titre d’exemple, les LED sont utilisés dans les cas suivants

Alopécie androgénétique chez l’homme et la femme
  • Effluvium télogène
  • 
Accouchement
-Anesthésie générale
-Hyperthermie
  • Anémies régimes amaigrissants
-chimiothérapie
-Hypothyroïdie
-ménopause
  • Teigne
-pelade

Le rôle des cellules « T  » pour combattre la calvitie

C’est à l’université de San Francisco que des chercheurs travaillant sur la régénération de la peau, ont mis en évidence le rôle capital de certaines cellules du système immunitaire dans la repousse des cheveux.

 

Comme beaucoup d’hommes à l’approche de la cinquantaine, la calvitie est une réalité difficile à vivre. C’est à l’université de Californie à San Francisco que des chercheurs ont fait une une découverte très prometteuse sur régénération du cheveu. L’équipe du professeur Michael Rosenblum ont mis en avant que des cellules de notre système immunitaire qui agissent sur l’inflammation, les lymphocytes T régulateurs, ont un rôle essentiel dans la production des follicules.

 

Les cellules T sont une catégorie de leucocytes qui jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire cellulaire spécifique. « T » est l’abréviation de thymus, l’organe dans lequel leur développement s’achève. Elles visent à détruire les cellules pathogènes, comme les bactéries ou les cellules cancéreuses, les maladies auto-immunes.

Calvitie stade 6 avancé

Calvitie stade 6 avancé

Combattre la calvitie : souvent le fruit du hasard en science

Les cellules de croissance étaient jusqu’à présent le seul facteur résultant de la formation d’un nouveau cheveu. Or il s’avère qu’il y a profusion de cellules T lors de la phase de repousse. Ce sont donc les deux types de cellules associés, qui favorisent la repousse.

Nous pensons que les cellules immunitaires entrent dans un tissu pour lutter contre les infections. Tandis que les cellules souches régénère le tissu  lésé. Nous avons constaté qu’en neutralisant les cellules T sur les plaies de souris, les poils ne repoussent pas.
Nous avons trouvé  que les cellules souches et les cellules immunitaires doivent travailler ensemble pour rendre possible la régénération.

explique Michael Rosenblum P.h.D.

Source BFMTV


INTOX: Les frites McDonald remède contre la calvitie

C’est en tout cas ce que certains médias anglo-saxon ont relayé en masse. Puis certains sites français suivent… en toute absence de vérification.

 

Cette étonnante information qui désigne les frites McDonald comme le dernier remède miracle contre la calvitie, trouve sa source dans une étude japonaise publiée dans la revue Biomaterials.

Voici le paragraphe qui contient notre info :
“La production de cellules de follicules pileux en masse est fortement augmentée avec l’emploi de polydiméthylsiloxane “. Ce composé chimique pourrait posséder des propriétés pour éliminer la calvitie.
Si les chercheurs, quant à eux, n’évoquent jamais les frites McDonald, le tabloïd Dailymail exhume un article du Washingtonpost qui cite les 19 ingrédients qui rentrent dans la composition des frites McDonald dont le polydiméthylsiloxane (additif alimentaire) qui évite les projections d’huile de friture.
Le tabloïd n’hésite pas à faire un titre porteur — la calvitie étant un sujet de préoccupation majeur pour de nombreux hommes.

 

 

 

 


Des implants sur des souris : pour une méthode pleine de promesses

Cette étude scientifique japonaise est très prometteuse, il s’agit de générer en masse des cellules de follicules pileux produit par le diméthylpolysiloxane et de les implanter sur des rongeurs. Des poils drus et noirs ont poussé sur les cobayes.
Poils générés sur le dos de la souris credit

Poils générés sur la souris
credit Yokohama-National-University

« Cette méthode simple est très prometteuse pour les thérapies régénératives de la perte de cheveux comme les alopécies androgénétiques. »

Yokohama National University


Article complet en anglais >>ici